65,05km – 10H19′
Hay – les mouches du Bush
Ce titre pour je hais les mouches du bush australien. Si lors de la pleine lune, les vampires sortent, c’est à dire une fois par mois, les mouches du Bush sortent tous les jours et l’heure de prédilection ce n’est pas minuit mais 14H00. Si les vampires vous sucent le sang, les mouches du bush vous collent au visage. Leur présence n’a rien à voir avec le nombre de troupeaux et elles se désintéressent totalement de votre poubelle, ou des aliments. Ce qui les attirent ce sont vos yeux et votre bouche soit l’humidité sur votre figure. Les 2 « musts »: – Avaler une mouche – une mouche coincée sous les verres de vos lunettes de soleil. Pas de gousse d’ail pour les faire fuir, rien ne les détournera de leur objectif sauf le vent, dès que vous tournez le dos au vent, c’est foutu et s’il n’y a pas de vent, idem. Tout cela pour vous dire que Serge a de la chance d’avoir le vent de face aujourd’hui… il faut bien quelques avantages.
Après 170 km de no man’s land, un passage dans la civilisation vaut bien un petit brin de causette. Pourquoi des pionniers ont choisi cet endroit pour s’installer, pourquoi une ville s’est installée ici même, en ce lieu « paumé » au milieu de rien. C’est toujours un mystère pour moi et j’avoue que l’histoire de ces villages m’intéresse.
Hay a été un des passages de l’expédition de Sturt en 1830-1831 lorsqu’il était à la recherche d’une mer intérieur et qu’il naviguait sur la Murrumbidgee River. Les premiers pionniers remontèrent du Victoria avec du bétail sur des bateaux à vapeur. En 1861, 172 personnes vivaient à Hay, 10 ans plus tard la ville comptait 664 habitants. Le premier pont fut construit en 1872, c’était un pont tournant pour permettre le passage des bateaux, il n’existe plus aujourd’hui. En 1883, une gare fut créée et le chemin de fer reliait la ville à Sydney, distante de 720km environ. Les bateaux à vapeur furent délaissés à ce moment là et le commerce se développa avec Sydney plutôt qu’avec Melbourne. Les derniers trains de voyageurs circulèrent en 1983 avant la fermeture définitive de la gare ferroviaire en 1984. Avant Narrandera, nous avons vu un tout petit train de voyageurs, c’était la première fois que j’en voyais un en Australie, excepté le Trans continental et mythique, Indian Pacific, que nous avons eu la chance de prendre de Port Augusta à Perth, il y a quelques années.
Serge raconte dans sa vidéo comment cette petite ville, du fin fond de la Nouvelle Galles du Sud, est devenue un camp d’accueil pour 6000 hommes de 1940 à 1946, tant pour des réfugiés allemands et autrichiens, pour l’essentiel des juifs, que pour des prisonniers de guerre, allemands, italiens et japonais. (Juste un rectif, ces hommes arrivaient en bateau à Sydney puis le train les convoyait jusqu’à Hay et non un bateau à vapeur, petite erreur de mon chéri dans sa vidéo du jour). Le bateau qui a transporté tous ces hommes d’Europe vers l’Australie s’appelait le HMT Dunera et il existe maintenant un Dunera Day à Hay, en hommage à tous ces « Dunera Boys » comme les locaux les surnommaient. C’est en Juin et c’est un jour férié ici, certains de ces hommes restés en Australie reviennent en ces lieux, en ce jour de commémoration.
Pour l’anecdote, durant la première guerre mondiale, 1 homme sur 6 n’est pas revenu à Hay, le tribu a été dur pour cette petite communauté à l’époque et la High School de Hay construite en 1923, porte le nom de War Memorial High School (voir photo). Voici l’histoire improbable de cette petite cité perdue au milieu de vastes étendues, au climat semi- aride qui comme beaucoup d’autres se sont développées grâce à la proximité d’une rivière; l’homme a ensuite exploité ses terres (agriculture et élevage) bien que les aborigènes vivaient ici avant l’arrivée des pionniers blancs. Mais cela est une autre histoire dont je parlerai un peu plus tard. Il est cependant difficile d’évoquer les pionniers et l’histoire des villes australiennes sans au moins évoquer ce peuple natif.
Belle étape pour Serge aujourd’hui qui en fermant sa balise, une fois arrivé, dit « au revoir aux mouches et à demain ».
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du Mardi 1er Novembre: Etape 276



