69,43km – 9h34′
Départ ce matin depuis Knights Point, un point de vue offrant un sacré panorama sur la mer de Tasman et les nombreux récifs qui bordent les côtes. Les huitriers sont de sortie, et scrutent le sable à la recherche de mollusques.
Aujourd’hui c’est notre dernière journée en Nouvelle-Zélande. Alors on en profite. Notre étape s’arrête à Jackson Bay, petit village côtier au fin fond d’un cul-de-sac. Nous n’avions pas prévu de kilométrage précis pour cette dernière étape. Le but était tout simplement d’atteindre Jackson Bay. Et nous constatons avec surprise que cette étape fait très exactement 70 kilomètres. Comme les autres.
Ce matin nous faisons la connaissance d’un arbre géant, le kahikatea, connu pour tutoyer les nuages. Celui peut atteindre plus de 60 mètres de hauteur ! Serge passe donc sa matinée à courir en compagnie de ces géants de la forêt, sur une route de plus en plus déserte.
Au 20ème kilomètre nous atteignons Haast. Pas d’aigle dans le ciel, juste de gros nuages. Ce village a des airs de bout du monde. Plus aucune voiture. C’est comme si cet endroit n’avait pas réussi à monter dans le wagon du tourisme. Mais pourquoi ? Des milliards de sandflies nous attendent-ils à Jackson Bay ?
Nous laissons notre highway 6 après 11 jours de cohabitation, et partons direction plein ouest. Nous traversons quelques lieux-dits: Haast Beach, sorte de « station balnéaire » de la ville éponyme , ainsi que Okuru et ses étranges pontons rétractables, qui doivent surement servir à pêcher.
Le brouillard est épais, et l’on distingue à peine les début de fjords qui bordent la route. Dommage car il paraît qu’ils sont superbes. Nous longeons de longues plages désertes, où personne ne semble vouloir se balader. Puis notre route entre de plein fouet dans la forêt. Nous nous retrouvons sur un chemin bordé de centaines et de centaines de fougères. Comme si la Nouvelle-Zélande nous réservait un bouquet final, nous offrant ainsi notre dernière chance d’en apercevoir une argentée.
Problème : le temps se gâte. On ne distingue presque plus les immenses cônes de végétation aux alentours. La pluie commence à tomber, et très rapidement inonde le pare-brise. Derrière les gouttes, les fougères ont des allures de trèfle à quatre feuilles. Difficile de voir l’aspect chanceux de la situation.
Une vingtaine de minutes plus tard, et c’est officiellement le déluge. Un éclair déchire le ciel. Le tonnerre vient faire trembler la voiture dans la seconde qui suit. Nous sommes en plein dedans. On décide de faire demi-tour pour voir si Serge va bien. On le retrouve tout sourire, mais tout aussi impressionné que nous.
Quelle drôle de fin pour cet endroit qui semblait somptueux sur le papier. Mais c’est aussi ça le tour du monde en courant : une cohabitation quotidienne avec les éléments.
Il reste une quinzaine de kilomètres à Serge. On en profite pour observer un animal qui manquaient à notre pokédex : le pigeon néozélandais. Bien plus dodu et coloré que le nôtre.
La route menant à Jackson Bay est on ne peut plus accidentée. De nombreux éboulements se sont produits et les services des routes travaillent d’arrache-pied. Nous arrivons finalement à Jackson Bay. Le vent souffle fort, mais rien ne peut atténuer notre satisfaction d’être arrivés là. C’est bon, après 1017 kilomètres de course la traversée de la Nouvelle-Zélande s’achève. Maintenant place a un plus gros morceau : l’Australie.
Et dès demain nous prenons l’avion direction Sydney. A bientôt.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



