70,07km – 9h42′

6°C au départ de ce matin : la preuve que nous descendons bien vers le sud.
Le ciel est dégagé et l’on peut enfin apercevoir l’immense chaîne des Alpes du Sud, et même tout au loin son point culminant, le mont Cook. Mais nous y reviendront en temps voulu.

Nous reprenons notre route sur la highway 6. Aujourd’hui semble être une journée moins sauvage qu’hier. En attestent les plusieurs petites villes que nous traversons ce matin : Kaihinu, Hokitika, Katutai, Mananui, Ruatapu. Attention, pas d’enflammage non plus, la plus grande ville de la région nous l’avons déjà passé hier : Greymouth et ses 10 000 habitants. C’est dire le peu de monde qui vit sur la côte ouest.
A noter que, mis à part les grosses villes dont les noms ont été anglicisés (Wellington, Auckland, Christchurch…), on remarque que les racines maories sont présentes un peu partout dans le pays.

Le nombre d’habitations et de commerces à vendre est toujours aussi important. L’île du sud pourtant réputée comme touristique, semble être désertée. Nous avons du mal à comprendre pourquoi aussi peu de cafés bordent les routes. Certes la côte ouest est sacrément abrupte par endroit, et s’y installer ne doit pas être une mince affaire, mais j’ai surtout le sentiment que c’est une question de rentabilité.

Nous suivons la voie ferrée depuis plusieurs jours maintenant. Ce n’est pas la première fois que nous apercevons des morceaux de l’ancienne voie, souvent placés juste à côté façon « pièce de musée » et accompagnés d’un panneau explicatif. Celui d’aujourd’hui nous explique que la construction du chemin de fer s’est achevée en 1893, après 4 ans de travaux.
Si au début il ne servait qu’à transporter du bois et du charbon (les plus grandes industries locales de l’époque), il a par la suite permis à des passagers humains de voyager, jusqu’en 1967. De nos jours son utilisation est de nouveau restreinte au transport de marchandises.

Notre route se poursuit. Serge est bien aujourd’hui. La température est idéale pour courir, et le dénivelé pratiquement nul. C’est le retour des grandes lignes droites, et en comparaison avec ces derniers jours, cela fait du bien. Fini les routes en zig zag à flanc de montagne, vive le plat pays ! Mais mieux vaut savourer car cela risque de ne pas durer longtemps.

A la mi-journée le ravitaillement coïncide avec le lac Mahinapua. Petite virée express le temps d’admirer le paysage, et de comprendre que cet étendue d’eau n’est autre que le résultat de la fonte de glaciers, et qui étaient autrement plus imposants avant.

Juste à côté du lac existe un sanctuaire pour oiseaux. Il est vrai que cette mini-jungle regorge de volatiles et les cris qu’ils poussent sont toujours aussi exotiques. En particulier celui du tui, un petit oiseau noir et bleu avec quelques plumes blanches sous le cou qui lui donnent un air très coquet. Son cri est le son le plus étrange que j’ai jamais entendu de la part d’un animal.

Cela n’était encore jamais arrivé. A chaque fois il y avait une bonne excuse, ou un problème technique, mais aujourd’hui Serge a décidé de faire la grève. La grève de la caméra.
« Pas le temps de me filmer, j’avance trop bien aujourd’hui » nous lâche-t-il. Qu’à cela ne tienne, c’est donc Laure qui va s’occuper de la vidéo quotidienne.
Ce soir nous revenons sur nos pas, pour dormir à Ross, célèbre ville néo-zélandaise car c’est ici que la plus grosse pépite d’or du pays a été trouvée. 3,5kg pour être précis. Sacré trouvaille.
En attendant je vous dit à demain. Peut-être que nous aurons fait fortune d’ici là.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du lundi 10 octobre: Etape 254