70,40km – 10h09′
Ce matin c’est un début d’étape entre père et fils. Comme au bon vieux temps.
Le saint esprit est resté à l’hôtel. Et il a peut-être bien fait tellement la météo est mauvaise.
Je l’avoue, je vous parle beaucoup du temps qu’il fait. Ce n’est pas que je n’ai rien à vous raconter, mais la météo rythme tellement nos journées qu’au réveil c’est notre première préoccupation : savoir à quelle sauce nous allons être mangés. De toute façon c’est très humain de parler du temps qu’il fait. Tout le monde n’a que ça à la bouche. Qui a eu chaud, qui va être mouillé, où est-ce qu’il va neiger… Tout le monde veut absolument parler de la pluie et du beau temps. Alors je ne fais que répondre à un besoin naturel.
La météo donc, est extrêmement mauvaise. Hier après-midi nous étions à milles lieux d’imaginer qu’elle changerait autant. Le ciel est complètement bouché, les nuages stagnent une centaine de mètres au-dessus de nous et la mer est bien formée. Ajoutez à cela de très grosses averses qui ne cessent de tomber durant la matinée, et vous obtenez notre début de journée
En début d’étape Serge croise un panneau on ne peut plus exotique: un losange jaune avertissant de la présence de pingouins. Pour être précis, de kororas, une espèce néo-zélandaise connue pour être la plus petite espèce de manchots au monde (ne vous faites pas avoir par une des photos du jour, penguin en anglais désigne à la fois les pingouins et les manchots). Plusieurs écriteaux expliquent que ces plages sont protégées par des barrières, afin d’empêcher les manchots de s’égarer sur la route. Néanmoins elles sont accessibles à pied, mais si vous avez un chien il est conseillé de le tenir en laisse car bien souvent en voulant jouer avec les manchots ils finissent tout simplement par les tuer. Bien évidemment les barrières ne parquent pas tous les manchots, et il est aussi conseillé de rouler prudemment au cas où un surgirait sur le bitume.
Mais la rencontre tant espérée n’aura pas lieu. En général les manchots partent de leurs nids tôt le matin, passent leurs journées à chasser en mer et rentrent le soir quelques heures avant la tombée de la nuit. Pas étonnant donc que les plages soient désertes, même si j’ai du mal à les imaginer chasser dans ces énormes vagues.
Au 15ème kilomètre nous repassons devant l’hôtel d’hier soir. Le saint esprit est de retour parmi nous. Serge est déjà trempé jusqu’aux os, mais garde une surprenante bonne humeur.
Difficile d’en faire autant du côté des suiveurs, car la journée se résume à rester à l’abri dans la voiture, sortir ravitailler Serge à tour de rôle, et profiter des très rares accalmies. Pas très funky, même si je trouve que la Nouvelle-Zélande est un pays qui s’apprécie aussi sous un mauvais temps. Par certains moments le spectacle est même fascinant : les vagues remontent des plages tout entières, charriant avec elles une épaisse écume brune, et venant s’écraser sur des rochers qui semblent polis depuis des milliers d’années.
En début d’après-midi nous finissons par quitter cet endroit aux allures inhospitalières, et revenons un peu plus dans les terres. La ville de Greymouth apparaît alors très rapidement, ainsi que toutes les commodités qui vont avec. Commerces, hôtels, stations de radio… civilisation, nous voilà !
C’est d’ailleurs ici que nous dormons ce soir, et par la même occasion que l’étape s’arrête pour moi. Laure termine avec Serge, qui franchit de nouveau la barre des 70 kilomètres, en un peu plus de 10 heures de course.
Je vous laisse donc en compagnie de Serge, qui malgré la pluie aura été plutôt prolifique aujourd’hui, avec deux vidéos. A demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du dimanche 09 octobre: Etape 253



