70,88 km – 10h01′
Ce matin la pluie oblige Serge à revêtir sa très célèbre « combinaison-capote ». C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous le regardons enfiler sa tenue. Et oui, la Fashion Week ce n’est pas seulement qu’à Paris !
Mais au-delà de la coupe parfaite de ce vêtement, ainsi que du look tendance qu’il offre, c’est surtout son étanchéité qui fait des merveilles. Lorsque vous le portez, aucune goutte de pluie ne peut vous atteindre. Testé, approuvé et garanti par Serge en personne.
Néanmoins c’est un véritable OCNI (Objet Courant Non Identifié) qui s’élance ce matin, et les quelques habitants de la vallée doivent bien se demander qui est cet homme qui court avec deux épaulettes gonflées à bloc, un gilet de sécurité et des chaussures jaune fluo.
Début d’étape sous la pluie donc. Enfin par intermittences. Le superbe lever de soleil aura très vite laissé place à de nombreux nuages. Ces derniers se déplacent vite dans le ciel et alternent le chaud et froid.
Les moutons sont trempés, mais pourtant ne bougent pas d’un poil. Idem pour les arbres, qui s’étendent à perte de vue. D’ailleurs, avant que l’humain n’arrive, la Nouvelle-Zélande était recouverte à 80% de forêts. Oui, 80% ! Depuis, et même si ce pays reste en très grande partie verdoyant, la déforestation à grandement changé la donne.
Ce que nous pensions être des plantations de kiwi, se révèlent en fait être des cultures de « hops ». Après un petit tour sur google traduction, il s’agit de houblon, la plante servant entre autre à aromatiser et mieux conserver la bière. Quel beau pays.
Au bout de 15 kilomètres, notre route cède sa place à une piste. Mais attention, pas n’importe quelle piste. Une toute propre, avec un damage de qualité. Résultat des courses : Serge court pendant 2 heures sur de petits graviers parfaitement tassés, à travers la montagne et les genêts. Il ne croise que trois voitures durant ce laps de temps. Un rêve éveillé.
Mais tous les rêves ont une fin, et nous retrouvons notre cher highway 6 aux abords du 38ème kilomètre. Nous avons eu les moustiques, les chiens, les ours, mais il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre dans la catégorie des « soucis de suiveurs » : les moucherons. Des dizaines et des dizaines qui s’invitent dans le véhicule dès qu’ils en ont la possibilité.
Autant le moucheron normand ne me dérange pas : il est lent, silencieux et erre sans but. Il n’a que faire de vous, vous n’avez que faire de lui, et toute la Normandie s’en porte très bien comme ça.
Mais le moucheron néo-zélandais, c’est une autre histoire. On dirait qu’il est né pour vous coller aux baskets. Et comble du comble, il pique. Ou mord je ne sais pas trop. Je lui diagnostique soit un manque cruel d’affection, soit une haine naturelle envers les étrangers. Quoiqu’il en soit ces petits bêtes ont un sérieux problème, et elles ne nous lâcherons pas de l’après-midi.
L’après-midi tiens, parlons-en. Le temps est tout sauf stable. De grosses averses d’eau glacée se succèdent, entrecoupées d’éclaircies tellement fortes qu’elles font immédiatement fumer le bitume encore humide. On ne sait plus sur quel pied danser. Le vent souffle, s’arrête, reprend encore plus fort. Serge enlève, remet, puis range de nouveau sa combinaison. On ne sait même plus quand le défilé de mode va se terminer.
Clou du spectacle, l’étape prend fin sans même que nous ayons croisé un seul village de la journée. Quelques maisons tout au plus, mais mis à part ça le vide sidéral. Et avec la météo qui part totalement en vrille, je vous le demande : dans quel monde vit-on ?
Demain nous continuerons notre route toujours vers l’ouest, en direction de Westport, où nous allons très certainement retrouver la civilisation.
Bonne nuit.
Données de la montre Epix : Garmin Connect
Parcours du Jeudi 6 Octobre : Etape 250



