70,60km – 10h02′
Le saint esprit à rejoint le père et le fils. Fini les journées de ravitaillement à parler tout seul dans la voiture, voici donc le retour des vraies conversations ! Dieu merci de la rhétorique !
L’horloge de la voiture affiche 7:00 lorsque le trio s’élance, et les paysages sont encore endormis dans la brume. Ce qui n’empêche pas la circulation d’être déjà intense.
Cela fait 2 semaines que Serge n’a pas couru une étape de 70 kilomètres, alors comprenez-le, il a quelques fourmis dans les jambes. Après avoir sécrété de l’endorphine 10 heures par jour pendant plus de 8 mois, c’est un peu comme si on lui prescrivait de nouveau sa dose quotidienne de course à pied.
Très vite le soleil monte dans le ciel et dissipe légèrement la brume, laissant apparaître de superbes montagnes enneigées au loin. Notre matinée est rythmée par de nombreux vignobles. Petit aparté sur la viticulture : celle-ci a été introduite en Nouvelle-Zélande il y a 200 ans par un missionnaire français. Même si la taille du vignoble néo-zélandais ne représente qu’1% de la part mondiale, sa taille à presque triplé en moins de dix ans, ce qui en fait l’une des industries les plus en vue du pays.
Les plantations de fruits ne sont pas en reste. De longs fils semblent avoir été tendus pour cultiver le kiwi, mais nous n’en sommes pas sûrs. Si vous jetez un coup d’œil à la galerie photo, peut-être nous apporterez-vous confirmation…
Cet hémisphère sort seulement de l’hiver et pourtant la flore semble déjà en pleine croissance. Moi qui pensait que l’île du sud était le théâtre de températures glaciales, il n’en est rien. Ici les hivers sont plutôt doux, climat océanique oblige, et il faut descendre bien plus en bas avant de trouver une météo moins clémente.
Depuis hier nous suivons l’highway 60 (Coastal Highway pour les intimes). Etant donné l’aspect « cul de sac » de cette route, qui s’en va se perdre dans le nord sans jamais déboucher sur un autre chemin, on espérait y trouver une faible circulation. C’est raté et Serge doit affronter le trafic pendant les 20 premiers kilomètres.
Après trois ravitaillements et de nombreux marécages croisés, nous atteignons la petite ville de Motueka. Encore un nom qui sonne très polynésien. C’est ici que nous bifurquons sur une route plus calme, vers l’ouest puis le sud, dans une vallée longeant le parc national de Kahurangi ainsi que la rivière Motueka. Ici tout le monde semble vendre des produits locaux : œufs, savons, confitures… aurions-nous découvert une « vallée autosuffisante » ?
Si le soleil nous accompagne sur les premiers kilomètres, il ne tarde pas à nous fausser compagnie. L’après-midi est bien longue dans cet endroit assez reculé. Pour rester poli.
La team suiveuse accuse légèrement le coup, mais ce n’est pas le cas de Serge qui profite pleinement de toute cette nature.
Les oiseaux offrent un panel de cris encore plus étranges que sur les dernières îles traversées. C’est comme si certains essayaient d’imiter le bruit d’un modem des années 90 essayant vainement de se connecter à internet.
L’après-midi se poursuit tout doucement. C’est comme si j’avais oublié la longueur d’une étape de 70 kilomètres. Serge peine un peu sur la fin. Les dix derniers kilomètres sont durs. Selon lui, c’est sa mauvaise hydratation de la veille qui lui coûte des efforts supplémentaires. Et oui, même en journée off, il faut toujours bien penser à boire de l’eau pour ne pas dérégler la machine…
Notre journée se termine à Tapawera et ce soir nous retournons dormir à Nelson. Petite anecdote du jour : c’est la deuxième ville la plus ancienne de toute la Nouvelle-Zélande ! La raison vient sûrement de son statut de ville côtière, à l’abri de l’agitation du détroit de Cook, où les premiers navigateurs ont dû poser bagages lorsqu’ils ont découvert ce pays.
Demain nous continuerons notre progression à travers la montagne, toujours dans le but de rejoindre cette côte ouest. Bonne nuit.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du mercredi 05 septembre: Etape 249



