50,28km – 6h55′

Je n’ai pas lu mon horoscope ce matin, mais si c’était le cas je suis sur qu’il m’aurait annoncé de la pluie, des travaux et beaucoup de voitures. Et pour une fois il aurait eu raison.
Peut-être aurait-il oublié de me dire que nous serions prêts avant l’heure, mais je ne lui en aurais pas tenu rigueur. Et oui, l’organisation est tellement bien rodée que ce matin nous partons en avance… quel professionnalisme…

Reprise des débats depuis Otaki. A très exactement 50 miles de Wellington selon un panneau aperçu hier. Sauf qu’ici, l’unité de mesure est le mètres, alors soit ça faisait plus touristique de mettre 50 miles au lieu de 80 kilomètres, soit ce pays fait décidément preuve d’un américanisme non-assumé…

Comme je le disais donc, cette journée sera placée sous le signe des travaux. Excellente nouvelle non ? Plus on approche de Wellington, plus l’étau semble se resserrer. Géographiquement, c’est le cas, et nous aurons le temps de revenir sur cette très étrange baie que celle où a été érigée Wellington.
En attendant les montagnes se rapproche incontestablement, et de l’autre côté la mer aussi. Nous n’avons pas d’autre choix que de courir sur la State Highway, qui malgré sa dangerosité n’est pas interdite aux piétons. La présence de nombreux travaux est à la fois un point négatif, et positif. Elle oblige Serge à être vigilant, des tractopelles pouvant surgir de n’importe où, et aussi à devoir partager son bas-côté avec tout sortes de gravas. Mais point positif (oui il y en a un), c’est la circulation qui s’en trouve également ralentie.

Bref, ce début de journée est tout sauf drôle. Au détour d’un ravitaillement, Serge me sauve même d’un rétroviseur de camion un peu plus grand que la moyenne. Je n’avais rien vu venir. Une fois la course terminée, si notre coureur cherche une reconversion, avec toute l’expérience acquise je pense qu’il ferait un excellent agent de prévention routière.
Serge parle souvent de ce 6ème sens qu’il a développé façon Daredevil : il est capable d’entendre les voitures mieux qu’il ne les voit.
Attention amis suiveurs, bientôt il pourra savoir si un ravitaillement est déjà prêt plusieurs kilomètres à l’avance.

Sur l’heure du midi, nous croisons la route du Queen Elisabeth Park. Construit en l’honneur d’Elisabeth première du nom, cette dernière a depuis un moment passé la main à sa fille.
La Nouvelle-Zélande étant l’un des royaumes du Commonwealth, elle reconnait la reine Elisabeth II comme étant son chef d’Etat. Même si ce terme est informel et n’a aucun statut légal, il fait de la reine d’Angleterre le monarque de pays comme l’Australie, le Canada mais aussi la Jamaïque. Ainsi qu’une bonne dizaine d’autres.
Mais il est bien connu que la reine « règne mais ne gouverne pas ». C’est donc John Key, chef du parti national qui est actuellement premier ministre du pays.

L’après-midi se poursuit et est bien plus agréable que la matinée. Nous traversons la ville de Paekakariki, là encore tout droit sortie d’un western, puis longeons le bord de mer. Serge dispose même d’un petit trottoir pour courir. Quel luxe.

Juste avant d’arriver à Pukerua Bay, j’assiste ni plus ni moins à un règlement de compte entre mouettes.
Coups de pression, cris étranges et torsions de cou, l’un des leurs n’a plus l’air d’être le bienvenu et le reste de la bande le lui fait savoir. Mais une fois leurs différents réglés, ceux-ci commencent à s’intéresser à mon cas, et plus particulièrement au ravitaillement que je viens de préparer…
Serge arrive quelques minutes après. Lui aussi s’est fait attaquer par des mouettes ! Surement des supportrices qui ont voulu l’approcher d’un peu trop près…

Les derniers kilomètres verront notre coureur monter une bonne côte, puis la redescendre, tout en profitant d’une piste cyclable. Un peu comme une récompense après toutes ces heures passées à frôler les camions.

Ce soir nous nous arrêtons à Mana, une ville presque entièrement entourée d’eau, mais qui n’a pourtant ni le statut d’île, ni celui de presqu’île.

Demain sera une petite étape dans le kilométrage, mais une grande dans l’importance car nous y franchirons le deuxième point antipodal, synonyme de beaucoup de choses dans ce tour du monde. Alors nous allons de ce pas reprendre des forces. Bonne nuit.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du vendredi 30 septembre: Etape 244