70,03km – 10h15′
« God Bless Fidji »
Ainsi s’intitule l’hymne fidjien. Et en ce dimanche 18 septembre, tout le monde est réuni pour célébrer le jour du seigneur !
Et autant vous prévenir tout de suite, les Fidjiens sont des gens très croyants.
Mais avant toute chose, il est important de bien comprendre l’histoire et la démographie de ce pays.
Grâce à la datation au carbone 14 sur des poteries retrouvées, on peut précisément dire que ces îles ont été découvertes pour la première fois aux environs de 1260 avant J.-C.
Les premiers arrivants seraient des Austronésiens, qui bouclèrent un flux migratoire ayant commencé plus de 1500 ans avant, depuis le sud de la Chine, en passant par Taiwan, les Philippines, la Nouvelle-Guinée pour enfin terminer sur toutes les îles perdues au milieu du Pacifique.
On considère les Austronésiens comme les premiers navigateurs de l’histoire de l’humanité.
L’île est donc occupée par ce peuple et rien ne bougera plus jusqu’à l’arrivée de l’homme blanc. Et oui, encore lui.
Le premier navigateur européen à découvrir l’île est le hollandais Abel Tasman en 1643. James Cook arrive deuxième en passant près des côtes en 1774. Mais aucun des deux hommes ne fait escale.
Il faut attendre le début du 19ème siècle pour qu’un premier contact entre les Européens et les Fidjiens se fassent. Très vite naissent des tentatives d’évangélisation de l’archipel, et les différentes églises à la mode en Europe se livrent une guerre d’influence dans la région en envoyant des missionnaires pour convertir les locaux.
Lorsque les Européens arrivent pour exploiter le coprah (eau de noix de coco séchée), l’île est divisée en sept chefferies principales. A l’époque les dents de cachalot, appelées tabua, sont la monnaie d’échange traditionnelle. La chefferie « Bau » va alors profiter d’un atout de taille : elle contrôle la ville de Levuka où les Européens ont choisi d’installer leur port d’attache.
Profitant de la technologie des nouveaux arrivant, les « Ba » vont très rapidement prendre le contrôle de tout l’archipel. Le chef Cakobau devient alors roi des Fidji. Mais après 20 ans de règne, sa monarchie ne fait toujours pas l’unanimité au sein du pays, et traverse une grave crise financière. L’anarchie au sein de son peuple n’a de cesse de croître. Pour sauver le peu de pouvoir qu’il lui reste, Cakobau n’a d’autre choix que de s’en remettre à la Grande-Bretagne. En signe de soumission, il offre sa massue de guerre à la reine Victoria en 1874.
La colonisation britannique débute alors. Pour contrer la crise financière liée à la chute du prix du coton, les Anglais décident d’introduire l’industrie sucrière. Mais les Fidjien, peu enclins aux efforts physique imposés par la culture de la canne à sucre, retournent très rapidement à l’industrie du coprah et de la banane.
Les Anglais font alors appel à des travailleurs d’origine indienne. Le deal est simple : un contrat de 5 ans pour venir travailler ici dans les champs de canne à sucre. A la fin du contrat le travailleur est libre de rentrer en Inde ou de reconduire pour 5 nouvelles années. Ce n’est qu’après avoir passé 10 ans à travailler dans les champs que les Indiens sont autorisés à s’installer aux Fidji, en achetant ou louant des terres. Chose jusque là interdite à toute personne étrangère à l’île.
Entre 1879 et 1916 c’est donc 61 000 indiens qui vont venir tenter leur chance aux Fidji, chamboulant complètement la démographie du pays.
Nous reviendrons plus précisément sur les rapports qu’entretiennent les Mélano-Fidjiens (ceux arrivés il y a bien longtemps) et les Indo-Fidjiens.
Ce matin c’est donc une majorité de gens pratiquant le christianisme qui se rendent aux églises (53% de la population), mais aussi une grande communauté d’indouistes (38%), ainsi que des musulmans (8%).
Tous les lieux de cultes sont pleins à craquer. Serge termine les 6 kilomètres de piste entamée la veille avec un bandana autour du visage, façon Lucky Luke, afin de se protéger des nuages de poussière soulevés par l’incessant flot de véhicules se rendant à la prière.
Nous n’allons pas tarder à rentrer dans la zone urbaine entourant Suva, la capitale des Fidji. Fini la végétation luxuriante et abondante. Fini ces arbres aux fleurs orangées, qui se comptent par centaines ici. D’ailleurs si quelqu’un peut me donner le nom, je suis preneur (voir photos du jour).
Serge est en difficulté en milieu de journée. On arrête le salé, place essentiellement au sucré. Bananes, compotes, salades de fruit. Des fruits, du sucre, du frais ! De quoi rebooster la machine !
Aujourd’hui nous faisons la rencontre de l’organisatrice de l’ultra-marathon de Suva. Elle a vu Serge sur le bord de la route et à tout de suite compris qu’elle tenait là un coureur de grand fond. Demain c’est donc peut-être quelques runners du club de Suva qui vont venir accompagner Serge, ainsi que la presse locale.
Très rapide incursion dans la banlieue de Suva : assez pour sentir la forte odeur des usines. Serge est fatigué et il est important de l’attendre à chaque intersection car il peine à se souvenir de la route que nous avons partons déjà pris 4 fois avec tous nos aller-retour des jours précédents.
A défaut de me répéter, je reste surpris de tous ces signes amicaux que nous font les gens. Surtout à l’approche de Suva, que j’imaginais plus touristique et donc plus lassée de la présence des européens. A chaque ravitaillement c’est l’excitation, et dès que je marche en ville les conducteurs klaxonnent en me faisant coucou. Néanmoins, depuis notre départ de Komave je n’ai toujours pas vu un seul européen sur la route (mis à part l’organisatrice de l’ultra-marathon, mais elle habite ici, ça ne compte pas). C’est incroyable de voir à quel point l’île principale est désertée des touristes.
Ce soir fini les retours à l’hôtel qui durent des heures : 15 petits kilomètres et nous voilà arrivés à bon port. A demain.
Données de la montre Epix : Garmin Connect
Pas de vidéo aujourd’hui, mais vous pouvez vous rattraper avec toutes celles des jours précédents qui sont dès à présent en ligne !



