70,27km – 10h03′

6h40, Serge est prêt à s’élancer. Notre route reprend sur la Queens Road, seule voie « rapide » permettant de faire le tour de l’île.
Dernière nous : Nadi, devant nous : Lautoka. Les deux villes sont assez proches et ne forment qu’une seule et grosse agglomération. C’est donc à travers une longue zone urbaine que débute notre étape. Les écoliers sont déjà sur la route. Difficile de devenir l’heure des cours tellement on en croise partout et tout le temps. Que ce soit les garçons où les filles, tous sont vêtus d’une même tenue afin de se rendre à l’école. Même tenue dans la forme, mais pas dans les couleurs. Je ne sais pas ce qu’elles représentent, peut-être des établissements en particulier ou un degré de scolarité, quoiqu’il en soit les différentes teintes qu’arborent les élèves sont du plus bel effet.

8h du matin : il fait déjà beaucoup trop chaud. La traditionnelle question du jour est de savoir à quelle heure nous allons allumer la climatisation. Mais sachant qu’une fois l’air conditionné activé, il est difficile de l’arrêter, on retarde au maximum l’échéance.

La mission de ce matin consiste à trouver de la glace pour notre coureur qui sue déjà à grosses goutes, mais aussi pour la glacière qui ne pourra pas remplir son rôle sans. Et bizarrement, cette mission n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît. Aucun supermarché ni station essence sur notre route n’en vend. Peut-être que les Fidjiens ne sont pas de gros consommateurs de glaçons, mais vu la chaleur j’ai du mal à comprendre pourquoi…
Il n’y a bien que dans les stations Total (cocorico !) que nous avons trouvé notre bonheur. Mais aujourd’hui nous n’en croisons aucune.

Finalement c’est dans un petit supermarché de campagne que nous trouvons le graal. Un endroit très particulier car l’intérieur est complètement grillagé, empêchant le client de s’approcher des produits. Rien que l’espace d’un couloir menant jusqu’à la caisse. Le vendeur m’explique que c’est une mesure de sécurité nécessaire car les braquages sont fréquents ici.
Et ce n’est pas la première fois que l’on voit ce type d’agencement. La plupart des stations essences et épiceries sont aussi grillagées, signe que malgré les apparences les temps sont parfois durs.

Serge a très chaud, et pourtant il est d’excellente humeur. Il a décidé d’arrêter de pester contre les voitures qui le frôlent d’un peu trop près, et préfère maintenant prendre les devants en saluant tous les véhicules venant d’en face. Et ça marche ! Presque tous les conducteurs lui répondent d’un signe de la main et se décalent pour l’éviter. Notre coureur est aux anges, et commence à philosophie sur cette façon de vivre, très simple, des locaux.

Il est vrai que les Fidjiens sont d’une extrême gentillesse.
Certes nous passons un peu pour des ovnis (pas un seul touriste croisé sur la route depuis le début du tour de l’île), mais il est drôle de voir comment tout le monde tiens à nous saluer. Que ce soit en venant nous serrer la main, en nous faisant coucou depuis leur véhicule ou leur maison, tout le monde nous remarque et veut nous le faire savoir.
Parfois j’ai un peu l’impression d’être le pape en tournée, et de ravitailler Jésus.
Mais blague à part, il est important de noter que les Fidjiens viennent toujours nous saluer sans jamais rien attendre en retour. Juste un sourire et quelques mots échangés. C’est vraiment un plaisir de traverser ce pays.

L’étape se poursuit sous ce soleil de plomb. Je ne sais pas si c’est notre proximité avec l’équateur, mais rarement je n’ai vu un ensoleillement aussi fort. Dur dur de prendre des photos correctes avec toute cette lumière.
Serge continue de saluer tout le monde. Au-delà du plaisir d’échanger, c’est comme s’il s’accrochait à ça pour tenir sous cette chaleur accablante.
Au 60ème kilomètre nous croisons le Sikh Temple. L’architecture est assez spéciale, et un étrange drapeau jaune et bleu flotte en son sommet. Et pourtant cet endroit est très sérieux, puisque c’est un lieu de culte. Celui du sikhisme, religion monothéiste fondée dans le nord de l’Inde et vénérant un seul dieu, appelé le « Guru Suprême ». Vous connaissiez ? Pas moi.

La circulation s’atténue sur les derniers kilomètres, et c’est tant mieux. Nous attendons Serge pour sa fin d’étape devant une maison. Un père et ses deux enfants sortent pour nous saluer. Encore une fois de belles poignées de main, de la gentillesse, des sourires : décidément, nous avons bien fait de passer par les îles Fidji.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect