70,23km – 10h16′

Ce matin nous partons très tôt de l’hôtel. A 5h15 pour être précis. La raison ? Une bonne heure de conduite afin de rejoindre notre point de départ. Les environs sont encore plongés dans une obscurité des plus totales, et pourtant les locaux se déplacent déjà à pied sur le bord des routes. Et malgré l’utilisation à outrance des plein phares par les véhicules, certains de ces marcheurs nocturnes n’apparaissent qu’au dernier moment. Nous passons donc en vigilance maximum.

6h15 nous revoilà sur la piste à peine entamée hier. Les cars scolaires sont déjà en train de déposer les élèves. Les enfants en général, sont assez méfiants durant les premières secondes où ils nous aperçoivent. Hier par exemple, lorsque Serge a sorti sa caméra pour filmer ceux qui courraient avec lui, ils ont d’abord pris peur en pensant que c’était une arme.
Néanmoins leur méfiance à notre égard est toujours de courte durée, et laisse très rapidement place a des sourires et des « bula ! bula ! ».

Un homme monté à cheval nous accoste dès le premier ravitaillement. Il me propose de repartir gratuitement avec sa monture, me tendant la corde attachée à son cou. Je lui explique ça risque d’être difficile à transporter en avion, ce à quoi il me répond de plutôt prendre le bateau… il marque un point.
Je refuse poliment, mais après réflexion, ravitailler Serge a dos de cheval aurait pu être sacrément épique…

Moi qui n’ai pas vécu la traversée de l’Australie, j’ai envie de croire que ce matin est une sorte de revival. Les véhicules que nous croisons sur la piste font valdinguer des hectolitres de poussière dans la voiture. Le tableau de bord, les affaires, les mains, le visage, tout est sale. Serge en est le premier à pâtir, car obligé de progresser à travers ces nuages de poussière. En de très rares occasions la piste redeviens une route goudronnée, principalement lorsque nous traversons des villages, offrant un peu de répit à toute l’équipe.

Le soleil est maintenant au zénith. Les coins d’ombres se font très rares et la chaleur est au rendez-vous. Tout le monde en pâti, Serge le premier, et il n’hésite pas à nous redemander de l’eau entre les points de ravitaillement.
Le début d’après-midi est donc propice à l’achat d’une petite glace ainsi que d’un nouveau sachet de glaçons pour rafraîchir notre glacière. Autant certains produits sont chers ici, mais en ce qui concerne ces deux-là, pas de soucis : 1$ fidjien le cornet de glace, et pareil pour le sachet de glaçons. Pour convertir en euros, il faut grosso modo diviser par deux le prix fidjien. Ce qui nous revient à 0,5€ chacun. Pas mal non ?

A mesure que nous approchons de Nadi (à prononcer Nandi), la zone urbaine s’intensifie. Le trafic aussi. Clairement cet après-midi est tout sauf un plaisir pour Serge, mais aussi pour nous. A l’entrée de la ville se trouve le temple Sri Siva Subramaniya, qui se démarque fortement avec toutes ses couleurs. Achevé en 1986, ce bâtiment est tout simplement le plus grand temple hindouiste de l’hémisphère sud. L’hindouisme, qui au passage est la troisième religion la plus pratiquée au monde après le christianisme et l’islam.

Nous traversons Nadi sans trop d’encombres, mais il tarde à tout le monde d’en finir avec cette étape. Une fois au nord de la ville, nous découvrons enfin de nouvelles routes. Car avec tous les allers et retours de ces derniers jours nous commencions à être bien familiers du sud-ouest de l’île.

La fin d’étape est marquée par l’arrivée d’une vache en plein milieu de la chaussée, qui manque de justesse de percuter un camion. Des chèvres, chevaux, taureaux et autres cochons se baladent en grand nombre sur les bords de route et sont assez imprévisibles.

Serge termine son étape les genoux noircis par les pots d’échappement, signe qu’ils a croisé un sacré paquet de véhicules aujourd’hui.
Nous rentrons à l’hôtel où Monika, notre camerawoman préférée, viens d’arriver après un périple de plus de 40 heures. Elle nous accompagnera pour les jours à venir, et risque fort de vous concocter quelques vidéos dont elle a le secret.
En attendant je vous souhaite une bonne nuit et à demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du jeudi 15 septembre: Etape 229