61,34km – 9h51′
6h55, tout le monde est prêt à partir. Nous avons à peine le temps de rejoindre notre point de départ que la circulation s’intensifie déjà. Les montagnes ne nous sont jamais apparues aussi belles que ce matin, car pour la première fois nous sommes du bon côté de l’île pour observer le lever du soleil. La lumière est superbe.
Les panneaux commencent à afficher des Honolulu, des Pearl Harbor… le tour de l’île est bientôt terminé. Demain matin Laure repart de l’autre côté de la planète, en Normandie, tandis que Ludovic arrive ce soir pour reformer un duo de suiveurs qui n’avait plus vu le jour depuis plus de six ans… l’excitation est à son comble.
Notre étape du jour va très vite suivre la highway 83, puis bifurquer sur la 61. Ça ne vous dit rien ? Ce n’est pas très grave, sachez juste que la circulation y est infernale et vraiment bruyante. Difficile de ravitailler Serge dans ces conditions.
Les golfs sont nombreux sur l’île, et les gens viennent y putter très tôt le matin. Après quelques recherches, nos impressions sont bien confirmées : ici les hawaiiens vivent en phase avec le soleil. Car il se trouve que peu importe la période de l’année -proximité avec l’équateur oblige-, celui-ci se lève toujours entre 6h et 7h, et se couche forcément entre 18h et 19h. Les journées de travail doivent donc être calquées sur ce rythme.
Aujourd’hui risque d’être encore une journée chaude. Il n’est même pas 8h et le thermomètre affiche déjà les 27°c. D’une manière générale, lorsqu’un sportif réalise un sport d’endurance dans un milieu chaud et humide, il est conseillé de réaliser un apport en sodium. Nous avions déjà l’habitude de saler l’eau de Serge depuis plusieurs mois maintenant, alors avec ce nouveau climat nous décidons d’intensifier les doses.
Comme partout aux Etats-Unis, le drapeau de l’Etat où l’on se situe est omniprésent. Dans les jardins des habitations, à l’entrée des bâtiments administratifs et même devant chaque McDonald’s. Mais concernant celui d’Hawaii, une chose m’intrigue : la présence du drapeau britannique sur son visuel. Comme si Hawaii faisait partie du Commonwealth…
Après une petite enquête, il se trouve que le roi Kamehameha 1er (encore lui !) avait reçu en guise de cadeau un drapeau de la Grande-Bretagne de la part de l’explorateur George Vancouver. Au début le drapeau avait été accroché tel quel au-dessus des endroits importants de l’archipel, mais il fût par la suite remis au goût du jour en y ajoutant sept bandes, puis une huitième, représentant les huit principales îles de l’archipel. Voilà donc l’explication…
Serge est un peu en-dedans aujourd’hui. Comme lors du premier jour. Autant hier les paysages avaient l’air de lui donner du courage, autant aujourd’hui la zone urbaine d’Honolulu est de retour, et lui joue de mauvais tours. Afin de vous rendre compte, la population totale de l’archipel est d’environ 1 400 000 habitants, et parmi cette population pratiquement un million de personnes vivent dans Honolulu et sa zone urbaine. C’est vous dire la concentration d’habitations qu’il y a ici (rendez-vous compte, il y a deux fois plus d’habitants sur cette île que dans tout le Wyoming…).
A contrario, cela nous promet des journées plus tranquilles une fois sur Maui et Hawaii. Mais en attendant, l’étape d’aujourd’hui n’est pas des plus reposantes. A la fois pour Serge et pour l’équipe.
Nous longeons une dernière fois la mer en fin de matinée, avant de repartir plus dans les terres et de contourner le cratère Koko. De face il semble à peine entamé, mais lorsque l’on fait le tour, on s’aperçoit de l’énorme trou provoqué par une éruption antérieure. Je n’ai pas trouvé d’informations sur une éventuelle activité de la part de ce cratère, mais la forme de son cratère rappelle les explosions de volcans comme le mont Saint Helens, c’est-à-dire très destructrices.
Après avoir traversé de longs et beaux quartiers résidentiels, l’arrivée sur Waikiki est conforme à nos attentes. De luxueux hôtels au milieu de centaines de palmiers. Ce quartier d’Honolulu n’est pas sans rappeler le downtown de Las Vegas, possédant une rue similaire au strip de la ville du vice. Heureusement cette traversée urbaine n’a rien à voir au niveau du stress ressenti dans la folie de Vegas. Serge apparaît quand même fatigué et il faut faire attention à bien le guider sous ce soleil brûlant.
On s’accorde une petite pause fraîcheur au milieu des hôtels… qui devient très vite une pause frayeur. Au retour à la voiture, le coffre est ouvert. Soulagement : aucun bagage ne manque à l’appel, et personne n’a forcé le véhicule. On peut souffler.
Plus que quelques kilomètres à parcourir, on aiguille Serge sur une une piste cyclable et le voilà qui termine sa journée pile poil devant l’hôtel de ce soir. Sur cette traversée des îles hawaiiennes, nous ne sommes pas tenus de faire des boucles et de revenir au même point. Le règlement du record impose de traverser quatre continents d’un bord de mer à un autre, mais en dehors de ces quatre « tronçons », le reste est considéré comme du « bonus », et le tracé peut être défini de la manière qu’on le souhaite.
Et le souhait, c’est de partir demain sur la deuxième île : Maui.
Bonne nuit à tous.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



