Teaser du Film

Teaser du Film

Bande Annonce du film « Un Tour du Monde en Courant »

Vidéo de l’arrivée

Merci à tous de nous avoir suivis au quotidien

Pour conclure voici cette très belle vidéo de l’arrivée – A bientôt

 

E434: Samedi 08 Avril // Paris (La Villette) – Place du Trocadéro

E434: Samedi 08 Avril // Paris (La Villette) – Place du Trocadéro

11,91km – 2h06’

Toutes les bonnes choses ont une fin. Et c’est ce qui les rend appréciables.
Ce matin l’équipe – agrandie pour ce dernier jour – est prête à affronter cette ultime étape. Réunion à 9h30 au rez-de-chaussée de l’hôtel. Chacun se voit assigner ses missions du jour. Comme à chacune des arrivées de Serge, le stress est de la partie. Organiser une telle journée n’est pas simple, qui plus est dans Paris. Reste que l’envie qui prend le dessus, c’est surtout celle de bien vouloir faire les choses, et de clôturer ce tour du monde comme il se doit. De mettre un point d’honneur à tout le travail accompli depuis maintenant plus de 14 mois.

Nous arrivons porte de la Villette à l’heure prévue. Une vingtaine de personnes nous attendent pour courir avec Serge les 10 derniers kilomètres de cette aventure. Plein de visages connus que nous retrouvons avec plaisir. Les appréhensions du matin sont vite dissipées : la traversée de Paris se fait sans encombre, et notre petit groupe de runners progresse sous un temps radieux. Monika, nous retrouve à différents points clés accompagnée de Philippe, son conducteur du jour. William est à la baguette et aiguille tout le monde dans les rues de la capitale. Avenue de Flandres, Rue Louis Blanc, Quai de Valmy, Grands Boulevards, Opéra, Boulevards Haussmann, Arc de Triomphe, Avenue Kléber et finalement Place du Trocadéro. La traversée de Paris aura été royale, et l’on aura apprécié tous ces encouragements sincères et spontanés de la part des passants (qui, il faut l’avouer, nous assimilaient surtout au Marathon de Paris, qui a lieu demain).

Depuis plusieurs minutes je me triture les méninges pour essayer de trouver un jeu de mots ou une anecdote historique à propos de cette dernière étape, mais au final j’ai surtout envie de vous faire part du plaisir qui ressort de cette journée. C’est bon, le tour du monde est maintenant terminé. Evidemment il y a une part de soulagement car cette aventure n’aura pas été de tout repos, aussi bien pour les gens qui ont suivi Serge sur place que pour ceux qui auront géré l’organisation depuis la France. Mais le sentiment qui prédomine reste la joie d’avoir contribué à la réussite de ce défi hors-norme.

Car l’exploit sportif ne doit pas être banalisé. Serge termine son tour du monde en 433 jours et 3 heures, soit une moyenne de 60,45 km/j. Il améliore ainsi le précédent record de 188 jours, ce qui avouons-le est énorme. J’ai une pensée pour Tom Denniss, l’ancien détenteur, qui nous aura gratifié de nombreux messages de félicitations tout au long de l’aventure, ainsi que de précieux conseils. Fair play.

Mais pour arriver à tenir une moyenne de course aussi élevée, il aura fallu que Serge s’affranchisse de toute une partie de l’organisation. Ce qui m’amène à avoir une grosse pensée pour tous les suiveurs qui auront donné de leur temps et de leur énergie pour que notre coureur puisse jour après jour continuer à poursuivre son unique but : celui de revenir place du Trocadéro. Cette place du Trocadéro que nous avions quitté le 31 janvier 2016 sous un ciel chargé et gris, et que nous retrouvons aujourd’hui sous un magnifique soleil.

J’en viens aux remerciements. Impossible pour moi de me lancer dans l’énumération de toutes les personnes présentes aujourd’hui. La journée est passée beaucoup trop vite pour ça. Néanmoins je voudrais vivement les remercier, toutes autant qu’elles étaient, pour avoir pris le temps de venir voir Serge boucler son défi. Evidemment j’ai aussi une pensée pour tous ceux qui n’ont pas pu venir, mais qui nous ont suivi et encouragé tout au long de l’aventure. Ils se reconnaitront. Tous ces messages adressés via le site web et les réseaux sociaux auront été une véritable source de plaisir et de motivation.

On n’oublie pas les sponsors : Fleury Michon, Leclerc et Intersport qui, comme Serge l’a justement souligné, n’ont pas hésité à reconduire leur partenariat après l’échec du précédent défi. Et on les remercie de la confiance qu’ils ont su à nouveau nous accorder.

Ce soir c’est donc une page qui se tourne. Demain il n’y aura pas de vidéo, pas de compte-rendu, pas de ravitaillements ni de données de course. Et cela risque d’en chambouler plus d’un, Serge le premier. En attendant ce soir nous nous retrouvons en famille, afin de clôturer cette aventure comme il se doit.

Au nom de tous les auteurs de compte-rendus, de tous les photographes et autres cinéastes en herbe qui auront œuvré sur cette course, nous vous remercions pour votre fidélité. Beaucoup d’énergie et de temps auront été dépensés afin que vous puissiez vivre au maximum et en temps et en heure cette aventure. On espère notre mission réussie, en tout cas cela aura été un véritable plaisir de vous faire partager ce tour du monde.

FIN

E433: Vendredi 07 Avril // Barcy – Paris (La Villette)

E433: Vendredi 07 Avril // Barcy – Paris (La Villette)

49,65 km – 7H49′

433ème et avant-dernière étape !
Au programme aujourd’hui : 40 kilomètres de course pour Serge, dont la dernière moitié se déroulera au calme sur une voie verte. Le reste du travail concerne essentiellement l’organisation de l’arrivée. Hier Laure, Anne et Monika nous ont rejoins avec une troisième voiture, qui ne sera pas de trop pour gérer les différentes missions du jour.

Ce matin tout le monde se retrouve sur le parking pour réaménager et transférer les affaires entre les différents véhicules en fonction des différentes missions du jour.
Le 4×4 assure le ravitaillement de Serge pour les 20 premiers kilomètres selon la formule habituelle : café gourmand, purée jambon/fromage, yaourt/muesli et croque monsieur by Brigitte. C’est donc la dernière fois que nous servons ces incontournables repas dont Serge ne se sera jamais lassé durant 14 mois. Et cela fait tout drôle.

Les champs de colza sont toujours là. Les avions décollent sans arrêt depuis l’aéroport de Roissy qui n’est qu’à quelques kilomètres de nous, et les TGV n’arrêtent pas de traverser l’horizon. Au loin on commence à apercevoir la banlieue parisienne. On touche au but !

Chaque ravitaillement est une page qui se tourne. Pour la dernière purée, Serge nous avoue que sur l’ensemble de la course, c’est celle de lulu qui était la plus réussie.

L’abondance de véhicules suiveurs nous permet de reconnaître la route, et de voir que celle-ci est barrée au 20ème kilomètre. Et ça tombe plutôt bien, puisque c’est ici que l’équipe se scinde en deux. Laure, Anne et Monika partent attendre notre coureur de l’autre côté des travaux, tandis que je pars avec mon équipier Bertrand (dont la collaboration n’aura été que trop courte) ainsi que les PV, régler quelques petites affaires…
William arrive au même moment pour courir l’ensemble de la voie verte avec Serge. J’ai l’impression de me retrouver un peu comme dans les fins euphoriques de ces films où toutes les personnes qui ont collaboré de près ou de loin à l’aventure réapparaissent à la fin.

A force de marteler depuis un mois que l’arrivée se fera le 8 avril, cela paraît un peu surréaliste d’en être déjà au 7. Mais nous y voilà, et l’on a un peu du mal à réaliser.

Paris est fidèle à sa réputation. Effervescente et épuisante. Après plusieurs kilomètres de bouchons ont fini par récupérer le trophée chez Dominique, la sœur de Serge. Puis l’on remmène les pigeons voyageurs avec nous. Cinq heures après notre départ nous retrouvons enfin toute l’équipe pour ce qui sera notre dernier hôtel sur ce tour du monde. On décharge le véhicule, puis vient la dernière mission de la journée : reconnaître l’étape de demain.
Dix kilomètres en vélib à travers la capitale intra-muros, qui nous mèneront, moi, Bertrand et Monika au travers d’un parcours assez sportif, reliant la Porte de la Villette en passant par les Grands Boulevards, jusqu’à la place du Trocadéro.

Pour tous ceux qui veulent venir courir demain les dix derniers kilomètres de ce tour du monde: le rendez-vous est prévu à midi à l’arrêt de métro Porte de la Villette. A l’intersection entre le Boulevard MacDonald et l’Avenue Corentin Cariou (attentions car plusieurs sorties). Pas besoin de connaître la capitale comme sa poche, nous avons repéré les lieux et vous serez aiguillés comme il se doit. En attendant, si vous voulez vous imprégner du parcours, celui-ci est disponible en fin d’article (possibilité de courir le dernier kilomètre du Trocadéro au stade pour cela rendez vous à 14H20′ sur l’esplanade du Trocadéro (à côté du palais de Caillot)).
Et pour ceux qui souhaitent directement attendre au point d’arrivée, rendez-vous à 14h45 au centre sportif Emile Anthoine (9 Rue Jean Rey, 75015 Paris) près de la tour Eiffel. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours de la dernière étape du Run Around The Planet: Cliquer ici

E432: Jeudi 06 Avril // Villers-Hénon – Barcy

E432: Jeudi 06 Avril // Villers-Hénon – Barcy

55,43km – 7h48’

Ce matin départ à 8h15. Cela fait deux soirs de suite que Serge veille… il y a du laisser-aller dans l’air…
« C’est bientôt les vacances alors j’ai le droit » nous dit-il. Un point pour l’argumentation.
Roger et Brigitte partent en même temps que nous. Jacky et son ami David, eux, nous attendent au point de départ. Ce qui porte le nombre de personnes gravitant autour de notre coureur à six. Et nous attendons encore du monde aujourd’hui…

Dès le deuxième kilomètre nous atteignons Longpont et son imposante abbaye cistercienne. En partie détruite mais toujours debout (toujours vivaaannte), cette bâtisse n’a pourtant pas été endommagée par la guerre. Alors que celle-ci pouvait abriter une centaine de moines, elle fut vendue à la suite de la révolution française de 1789, dans le cadre de la nationalisation des biens de l’Eglise. Cette loi permettait à la nation de revendre des biens appartenant à l’église catholique afin de renflouer les caisses de l’état. C’est ainsi que cette église fut vendue, et en partie démantelée pour devenir une carrière de pierres déjà taillées. Dommage car le bâtiment en jetait. Finalement il ne fut jamais complètement désossé, et offrit même de nombreux abris aux soldat sénégalais lors de la première Guerre Mondiale avant de finalement être classé monument historique.

Au 15ème kilomètre nous arrivons à Villers-Cotterêts.
L’aéroport Roissy Charles de Gaulle n’est qu’à 54 kilomètres de cette ville. On approche…
Je vous avais promis un compte-rendu académique alors on continue. Les plus vieux écrits humains mentionnant cette ville remontent à l’époque du bon roi Dagobert, en 632. En ces temps pas d’histoire de culottes à l’envers et la ville se résume surtout à une belle bâtisse royale entourée de quelques chaumières. Et le souverain Dagobert aime à venir chasser ici. Les siècles passent, plusieurs guerres civiles aussi. Arrive la Guerre de Cent Ans qui laisse la région déserte pendant un petit moment. Et c’est finalement François 1er, lui aussi plutôt adepte du lâcher de gallinette cendrée, qui va rendre au château de Villers-Cotterêts ses lettres de noblesse.
Les nombreux aller-retour du roi qui s’assure lui-même de l’avancée des travaux ramènent de nombreux marchands, aubergistes et artisans qui s’établissent le long du château. Idem pour les ouvriers qui doivent bien se loger. Bref, de nos jours les habitants de Villers-Cotterêts peuvent être redevable à François 1er et sa passion pour la chasse, qui ont insufflé à eux tout seul l’élan de création de cette ville.
Pour être complet, c’est ici que François 1er a décréter que les lois seraient dorénavant écrites en français et non en latin. C’était en 1539, et c’est d’ailleurs ainsi que le français est devenu la langue officielle de notre pays. Et puisque nous sommes dans les lettres c’est aussi dans cette ville qu’est né le célèbre écrivain Alexandre Dumas, auteur des Trois Mousquetaires. Là encore une date qui ne rajeunit personne puisque c’était en 1802.

Une fois sortis de Villers-Cotterêts nous quittons l’Aisne pour rentrer en Oise. Pour finalement en ressortir, et y re-rentrer quelques centaines de mètres plus tard. A l’origine de ce micmac : un bras d’Aisne, lui même enclavant un bout d’Oise au beau milieu de la forêt. Vous suivez ? Drôle de façon de découper les territoires ici…

Reste que quelques kilomètres plus tard nous sommes définitivement dans l’Aisne. Thibault viens nous retrouver à Betz. Professeur, ce dernier a profité d’un jeudi plutôt léger pour venir courir les 20 derniers kilomètres avec Serge.

Notre route, toujours très tranquille, s’engage dans les champs de colza. Ça tombe bien on cherche à refaire le plein d’huile pour le 4×4. Pour information, la France est 5ème producteur mondial derrière l’Allemagne, l’Inde, la Chine mais surtout le number one : le Canada et ses 22% de production mondiale.

Evidemment la journée, encore plus courte que les précédentes avec 55 kilomètres de parcours, passe très très vite. Surtout depuis que Brigitte a repris la cuisine en main… brioche fourrée au jambon fumé, fromage et crème, cake à la banane, chocolats chauds… bref, une avalanche de saveur…

Notre étape s’arrête à Barcy. Barcy en Seine-et-Marne, et non au bord de la Seine…
En attendant rendez-vous demain, pour l’avant-dernière étape !

Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du vendredi 07 avril: Etape 433 partie 1 et partie 2

E431: Mercredi 05 Avril // Venteuil – Villers-Hélon

E431: Mercredi 05 Avril // Venteuil – Villers-Hélon

58,40km – 9h00’

Aujourd’hui, preuve que nous nous rapprochons grandement de la capitale, nous avons reçu la visite d’une belle tripotée de personnes. Tout d’abord Emmanuelle, aka « tata ouche », qui nous avait accompagné (avec « tonton ouche » que je n’oublie pas) dans le Missouri ainsi que le Nebraska. C’était en avril 2016, et en la voyant discuter avec Serge je réalise qu’ils ne se sont pas vus depuis pratiquement un an !
Plus tard dans l’après-midi c’est au tour de Martine et Daniel Marmagne de nous rejoindre. Ils avaient été nos hôtes le 2 février 2016, lors de notre arrivée à Monéteau. A cette époque-là nous n’en étions qu’à notre troisième étape… souvenirs souvenirs…
Et pour couronner le tout, nous retrouvons Brigitte et Roger, nos indémodables pigeons voyageurs juste devant notre hôtel du jour.

Autant vous dire que ce soir nous sommes une sacré équipe.
Pour être franc j’avais prévu de vous parler du champagne, et de ces bulles dont la traitrise est connue de tous. De vous expliquer que chaque année 195 millions de bouteilles sont expédiées de cette région, et partent au quatre coin d’un monde qui s’arrache ce fleuron de la culture française. De vous raconter qu’ici un hectare de vigne vaut environ 1,2 millions d’euros, que le kilo de raisin champenois se vend 6,20€, et qu’il faut 1,2kg de raisin pour remplir une bouteille de 75cl. Mais j’ai trouvé que cela faisait un peu trop de chiffres. Même si les plus intéressés peuvent se munir de leur calculette. J’avais aussi prévu de vous parler de l’histoire de cette boisson, de son appellation d’origine contrôlée stricte au possible, mais à quoi bon mettre les formes pour une boisson qui les met déjà suffisamment comme ça ?

Je ne vais pas vous répéter une énième fois que Serge va bien. Les vidéos parlent d’elle-même. Notre coureur est sur son petit nuage en ce moment. Assurément partagé entre cette excitation d’arriver et l’envie de repartir pour un deuxième tour…

Quoiqu’il en soit vous l’aurez compris, ce soir nous avons envie de passer du temps avec nos compagnons du jour. De leur raconter ces dernières semaines de course, et de profiter au maximum de leur venue. Demain nous reprendrons l’écriture des compte-rendus académiques. Bonne soirée !

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du jeudi 6 avril: Etape 432

Parcours du vendredi 7 avril: Etape 433- Partie1        Etape 433 – Partie 2

 

E430: Mardi 04 Avril // Bussy-le-Château – Venteuil

E430: Mardi 04 Avril // Bussy-le-Château – Venteuil

60,28km – 08h34’

Ce matin dès le premier kilomètre un panneau nous indique que le « camp d’Attila » est tout proche. Le camp d’Attila, le plus célèbre des Huns ? On dévie de notre route le temps d’aller voir de quoi il s’agit. Selon le panneau explicatif, cet endroit classé monument historique aurait été le théâtre de « la bataille des champs Catalauniques », en 451. Une époque que les moins de vingt ans ne peuvent assurément pas connaître. En ces temps Attila avançait imperturbablement vers l’ouest de l’Europe, bien décidé à envahir tout le continent. Mais c’était sans compter sur une alliance romano-franco-germanique qui mis fin à ses envies de conquêtes. Et oui, l’homme qui a franchi les Alpes a dos d’éléphant a du battre en retraite ici-même, près de Châlons-en-Champagne.

Ce matin nous reprenons dans le plat pays de la Marne. Les TGV n’arrêtent pas de défiler au loin. Il faut dire que le relief est propice à une bonne prise de vitesse. Aussi, les camions militaires sont nombreux sur les routes. Le camp de Châlons, créé par Napoléon au XIXème siècle, n’est qu’à quelques kilomètres.

Très rapidement nous arrivons à Bouy. Un avion trône sur le rond point du village. C’est ici qu’est né Henri Guillaumet, l’un de plus grands aviateurs français de l’histoire. Il a notamment contribué au succès de l’aéropostale, la première ligne d’aviation transatlantique du pays, qui deviendra par la suite Air France. Sa légende, il l’a construite en Amérique du Sud, en survolant 393 fois la Cordillère des Andes et en marchant cinq jours consécutifs sans dormir après que son avion s’y soit écrasé, forçant le respect des locaux qui pensaient sa survie au milieu de la neige et des montagnes impossible.

En l’espace de quelques minutes on a bien cru que le mojo de la météo nous avait quitté, comme il a quitté Henri Guillaumet dans les Andes. Mais en fin de matinée le soleil revient aussi fort que lors des précédentes étapes. Au 35ème kilomètre notre route se cale sur la D1, que nous ne lâcherons plus de la journée. Serge nous annonce au même moment qu’il reste moins de 200 kilomètres de course jusqu’à Paris… dios mio, ça ne nous rajeunis pas…

Aujourd’hui nous longeons pendant une grande partie de l’étape le canal de la Marne. Juste derrière, à l’abri des regards, se trouve la rivière éponyme. Deuxième jour de course dans ce département donc, et contrairement à ce que son numéro Insee laisse penser, ce n’est pas le pastis qui est à l’honneur ici mais bien le champagne. C’est en effet dans cette vallée de la Marne que se trouvent les plus célèbres vignobles. Dom Pérignon, Krug, Veuve Clicquot etc…
Les vignes s’étendent à perte de vue, et côtoient les villages jusque dans leurs rues les plus extérieures. Pas un mètre carré n’est laissé de côté. Bien évidemment, pratiquement toutes les habitations vendent du champagne.

Notre étape du jour se termine à Venteuil, petit village de 558 habitants où les maires qui s’y sont succédés ont toujours été, soit des viticulteurs, soit des agriculteurs. Une dernière côte, et Serge arrête sa montre. Surement la dernière étape de plus de 60 kilomètres sur ce tour du monde. Une page se tourne. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mercredi 05 avril: Etape 431

E429: Lundi 03 Avril // Varennes-en-Argonne – Bussy-le-Château

E429: Lundi 03 Avril // Varennes-en-Argonne – Bussy-le-Château

60,40km – 8h55’

Les journées passent décidément trop vite. Aujourd’hui lundi 3 avril. 60 kilomètres « seulement » au programme. Vous l’aurez remarqué, depuis hier on raccourci les étapes. Un peu comme si on cherchait à étirer le temps et profiter au maximum de ces derniers kilomètres. Mais la véritable raison c’est que nous sommes un peu en avance, alors on ralenti et on s’en tient à la date d’arrivée prévue.

Ce matin, petite étape oblige, Serge commence à courir à 8h. Oui, 8h ! On peut dans ces cas-là parler de grasse matinée. Départ de Varennes-en-Argonne, et contrairement à Louis XVI nous pouvons reprendre notre route. Car c’est ici que le souverain et sa femme Marie-Antoinette ont été arrêtés en 1791 lors de leur tentative de fuite de la capitale.
Et passez-moi le jeu de mot, mais ce matin la brume est à couper « à la guillotine ». Après une journée d’hier chargée d’histoire, notre route reprend sur des chemins bien plus calmes. Les villages sont paisibles et les bords de routes bordés d’aubépines. L’étape d’aujourd’hui s’annonce encore plus tranquille que les précédentes.

En même temps, à y réfléchir, la France possède quand même un sacré réseau de départementales, nationales et autoroutes. En empruntant de petites routes de campagne, nous étions à peu près sûrs de ne pas être dérangés. Ce qui n’était pas le cas des pays de l’est où le peu d’infrastructures routières obligeaient les gens à emprunter des routes dites « secondaires », et par conséquent à nous croiser.

Partir aussi tard nous fait éviter les premières heures d’une étape classique où le thermomètre frissonne encore. Ici en Meurthe-et-Moselle les nuits sont très souvent fraîches, même en été. « Il arrive que ça gèle en août » nous racontait hier le gérant de l’hôtel. En effet le climat continental de la région peut offrir des journées très chaudes, mais néanmoins régulées par des nuits froides. Et si la température reste élevée la nuit, vous pouvez être sûrs que la journée du lendemain sera orageuse.

Ce matin nous entrons dans les Ardennes dès le 5ème kilomètre. Pour ensuite passer dans la Marne au 14ème kilomètre, revenir dans les Ardennes au 17ème et finalement retrouver la Marne cinq kilomètres plus loin. Vous l’aurez compris, aujourd’hui nous zigzaguons avec les frontières. Le tout au milieu de très belles forêts.

Les villages sont toujours aussi petits, mais les maisons ont depuis ce matin pris un certain cachet. Elles sont toutes bien entretenues et les jardins sont eux aussi toujours en bon état.

Au 35ème kilomètre nous croisons la route d’une autre nécropole nationale : celle de Minaucourt. Des panneaux racontent les différentes opérations menées par l’armée française dans les environs, et les nombreuses pertes qui s’en sont suivies. Là encore le nombre de tombes est impressionnant : pas moins de 21 319 soldats sont enterrés ici.

Nous pénétrons dans la partie agricole de la Marne. Des champs à perte de vue, dont les ondulations et les couleurs ne sont pas déplaisantes pour la rétine. Au menu du colza, des betteraves, du blé et des pommes de terre.

Mais au 50ème kilomètre vient l’événement du jour : le passage des 26 000 kilomètres !
Le dernier millier d’une longue série qui s’achève. Evidemment chacun des suiveurs gardera j’en suis sûr des souvenirs bien précis de chacun des passages auquel il a assisté. L’occasion de faire un petit rappel de quand, où et avec qui ont eu lieu chaque franchissement :

1000km // France – 14/02/16 – René, Thomas
2000km // Portugal – 28/02/16 – René, Maxime, Brigitte, Roger
3000km // Etats-Unis (Georgia) – 16/03/16 – Laure
4000km // Etats-Unis (Kentucky) – 30/03/16 – René, Laure, Thomas
5000km // Etats-Unis (Kansas) – 09/04/16 – René, Thomas, Emmanuelle, Philippe
6000km // Etats-Unis (Wyoming) – 27/04/16 – René, Thomas
7000km // Etats-Unis (Utah) – 07/05/16 – René, Thomas, Mike
8000km // Etats-Unis (Nevada) – 25/05/2016 – René, Thomas, Bertrand, Monika
9000km // Etats-Unis (Californie) – 09/06/16 – Bertrand, Maxime
10000km // Etats-Unis (Washington) – 24/06/16 – Bertrand, Maxime
11000km // Canada – 09/07/16 – René, Christophe
12000km // Canada – 22/07/16 – René, Christophe
13000km // Canada – 05/08/16 – René, Christophe
14000km // Etats-Unis (Alaska) – 18/08/16 René, Thomas, Christophe, Jean-Michel, Victor, Philippe
15000km // Etats-Unis (Hawaii) – 08/09/2016 – Thomas, Ludovic
16000km // Nouvelle-Zélande – 06/10/2016 – Laure, Thomas
17000km // Australie – 24/10/2016 – Laure
18000km // Australie – 16/11/2016 – Laure
19000km // Australie – 04/12/2017 – Laure
20000km // Australie – 21/12/2017 – Laure
21000km // Afrique du Sud – 13/01/2017 – Laure
22000km // Afrique du Sud – 30/01/2017 – Bertrand, David
23000km // Namibie – 14/02/2017 – Bertrand, David, Thomas, Monika, Jean-Michel, Philippe
24000km // Serbie – 05/03/2017 – Thomas, David
25000km // Autriche – 20/03/2017 – Thomas, Ludovic, Brigitte, Roger
Et pour finir, ce 26 000ème kilomètre, atteint en 428 jours et 4 heures de course en la compagnie de Bertrand !
Maintenant, direction l’arrivée !
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mardi 04 avril: Etape 430

E428: Dimanche 02 Avril // Gondrecourt-Aix – Varennes-en-Argonne

E428: Dimanche 02 Avril // Gondrecourt-Aix – Varennes-en-Argonne

66,18km – 9h24’

Ce matin nous décollons de chez sa seigneurie de Luttange vers 5h. Au programme très exactement 60 kilomètres de route pour rejoindre notre point de départ. Soit une bonne cinquantaine de minutes en voiture, mais vu la manière dont David et Karine nous ont reçu, on ne regrette pas d’avoir passé deux jours ici. Merci à eux.
Afin de gagner du temps, nous empruntons l’A4. Soudain apparaît un panneau : Paris – 325km. Serge est dans la voiture de Laure, mais assurément il doit l’avoir vu. Avec en prime un petit pincement à l’estomac.

Nous redéposons notre coureur au point d’arrivée de la veille. Ce matin le brouillard est à couper au couteau et nous rappelle à quel point la tenue orange fluo de Serge peut se révéler importante… quand il y a du trafic. En attendant nous avons le droit à une petite phase hypoglycémique avant même le premier ravitaillement. On fait demi-tour vers notre coureur et on avance l’heure du café et des madeleines.

Les dimanches sont toujours très calmes. Mais alors un dimanche dans la Meuse, en pleine campagne et au milieu du brouillard : on ne risque pas d’être dérangés. Même le soleil qui est pourtant levé n’arrive pas à percer le voile brumeux. On peut observer sa parfaite sphéricité à travers le brouillard sans s’abimer la rétine.

Aujourd’hui nous approchons de Verdun. Alors c’est une journée devoir de mémoire.

Au 30ème kilomètre nous pénétrons sur le champ de bataille de cette sanglante bataille qui aura au total duré plus de 9 mois (de février à décembre 1916) et fait plus de 700 000 morts des deux côtés. Je vous passe le calcul : cela fait une moyenne de plus de 2000 morts par jour pendant 10 mois consécutifs…
A travers la forêt domaniale de Verdun les monuments en hommage aux victimes et autres héros sont nombreux. Le sol de la forêt, lui, est creusé d’innombrables impacts d’obus qui témoignent de la violence des combats. Ce terrain d’affrontement à d’ailleurs du être particulièrement périlleux tant la forêt est dense.

Nous arrivons ensuite devant la nécropole nationale de Douaumont. Cet endroit, célèbre pour ses commémorations (notamment celle où François Mitterrand et Helmut Kohl se sont pris la main), possède très exactement 16 142 tombes représentées par des croix blanches parfaitement disposées les unes par rapport aux autres. On y retrouve des français de toutes confessions : catholiques, musulmanes, juives. L’endroit réuni plus de 200 000 visiteurs par an.

Si la bataille de la Somme a été plus meurtrière que celle de Verdun, c’est pourtant cette dernière qui est considérée comme la « mère des batailles ». Car le mythe de Verdun s’est construit autour du côté inhumain et héroïque de l’affrontement, où le rôle de soldat consistait plus à survivre que combattre et où les conditions étaient dignes de celles d’un enfer. La cerise sur le gâteau étant que tout cela aura débouché sur un résultat nul symbolisant la futilité de cette guerre. En effet la France aura résisté à l’assaut allemand, mais personne ne sera sorti vainqueur de cette bataille. Une sorte de « victoire défensive ».

Au quarantième kilomètre notre route croise celle du « village Gaulois », un restaurant débordé en ce dimanche midi. Il y a même un car allemand arrêté sur le parking. S’il y a 100 ans on avait expliqué aux gens qu’en ce dimanche 2 avril 2017 des allemands viendraient par cars entiers manger chez les gaulois, nous serions passés pour des fous…

L’après-midi est, comme à son habitude, estival au possible. On enchaine les villages dont la population n’excède jamais plus d’une centaine d’habitants. La guerre a indéniablement laissé des traces dans le coin, et on a l’impression d’avancer dans un vide démographique.

Nous terminons notre étape à Varennes-en-Argonne, sorte de centre névralgique des environs : une boulangerie, une poste, un hôtel, deux restaurants et une école.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du lundi 03 avril: Etape 429

 

E427: Samedi 01 Avril // Kerling-Lès-Sierc – Gondrecourt-Aix

E427: Samedi 01 Avril // Kerling-Lès-Sierc – Gondrecourt-Aix

62,35km – 9h05’

Ce matin c’est un binôme inédit qui prend place dans le 4×4. Une nouvelle et dernière collaboration sur ce tour du monde, qui je l’espère sera fructueuse. C’est en tout cas un plaisir de retrouver Bertrand, aka « bébère », sur ce périple. Et l’élève Plaquevent n’a rien perdu de son sérieux, ni de son professionnalisme. Les ravitaillements sont toujours aussi bien assimilés et la motivation intacte. On rappelle qu’un diplôme de « suiveur en or » est en jeu.

Le temps de montrer l’agencement du véhicule à mon nouveau copilote, et nous voilà déjà à Mondelange. L’usine de sidérurgie Mittal est là, immense mais complètement abandonnée. Ce qui est aussi le cas de tous les autres bâtiments des alentours. Si Mondelange n’en fait pas partie, cette ville est néanmoins collée à la « vallée de la Fensch », parfois appelée « vallée des anges » dû aux nombreuses villes dont le nom se termine en -ange.
Durant l’après-guerre cette région a connu un boum industriel grâce à ses nombreuses installations minières et sidérurgiques. Mais depuis, avec l’émergence de nouveaux matériaux, l’acier est quelque peu passé de mode et toutes les usines ont fermé.
Bernard Lavilliers a d’ailleurs écrit une chanson (« Les Barbares ») évoquant cette vallée ouvrière.

En sortant de Mondelange nous suivons la D9. Mais celle-ci est interdite aux piétons sur plusieurs tronçons. Pas de problèmes puisque des pistes cyclables sont là. On vérifie à l’aide du GPS sur nos téléphones portables qu’elles emmènent bien Serge au bon endroit, puis nous l’envoyons dessus. Aaah, le pouvoir de la 4G…

Laure nous rejoint aux alentours de midi avec les courses d’appoint que nous lui avions préalablement listées. Au même moment, nous quittons la Moselle pour rentrer en Meurthe-et-Moselle.

Puis c’est au tour de David notre « prince de Luttange » de nous rejoindre. Ce soir nous dormons à nouveau dans sa principauté, sauf que cette fois lui et sa femme seront là. Et la sentence de mirabelle risque d’être bien plus sévère.

Au 45ème kilomètre notre route croise celle de Briey, petite ville perdue au fin fond d’une cuvette de roche. Le dénivelé n’aura pas manqué à l’appel aujourd’hui. Pour la petite info mondaine du jour, c’est ici que Michel Platini originaire de Jœuf la ville voisine a fait ses études secondaires. Une fois sorti de la cité, Louis qui nous rejoint pour partager les derniers kilomètres avec Serge.

Aujourd’hui « seulement » un peu plus de 60 kilomètres. Mais notre coureur va commencer à réduire le rythme d’ici Paris, sinon il risque d’arriver trop tôt… à demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du dimanche 02 avril: Etape 428